19/05/2006

Qu'est-ce que l'homme ?

"HOMME n.m. (lat. homo) : Être humain considéré par rapport à son espèce ou aux autres espèces animales; mammifère de l'ordre des primates, à locomotion bipède, doté de mains préhensiles, d'un langage articulé et d'un cerveau volumineux doué de la pensée abstraite, et vivant en sociétés très structurées." Le petit LAROUSSE illustré 2000

Voilà la définition que j'ai trouvé dans le dictionnaire en cherchant le mot homme, oui mais... Je la trouve incomplète, et juste bonne si un extraterrestre en vadrouille sur notre bonne vieille Terre voulait facilement reconnaître un humain.

Mais elle me fait me poser deux, peut-être trois, questions essentielles. Allons dans l'ordre de la définition voulez-vous.

La première correspond à la "pensée abstraite". Qu'est-ce ? Que qualifie-t-on d'abstrait ?

L'abstraction est-elle un dégagement de la réalité, par exemple on pourrait voir certaines propriétés mathématiques comme abstraites, ou alors est-ce une représentation cérébrale de la réalité. Lorsque vous pensez à un arbre, il n'a rien de réel, il est abstrait, il n'est que dans votre esprit, pourtant il pourrait exister. Donc l'abstrait est imbriqué dans la réalité. Pas d'abstraction sans concret. Comment s'abstraire si nous n'avons pas une vague idée de la réalité ? Notre cerveau n'est donc juste capable d'abstraire des notions déjà rencontrées d'une manière ou d'une autre, et se base sur une représentation concrète très généralement. Ainsi, lorsque l'on apprend à calculer, on se base sur des exemples concrets pour ensuite abstraire la notion et l'appliquer à des valeurs ne s'inscrivant pas dans une réalité matérielle.

En conclusion, notre cerveau est capable d'avoir une pensée abstraire, mais qui, au final, se base sur une réalité palpable, tangible. C'est là le génie du cerveau sans doute, abstraire le concret, concrétiser l'abstrait.

Ma deuxième question correspond aux "sociétés très structurées". En effet, l'Homme a besoin de classifier, ranger, ordonner, structurer son environnement, sa vie, nommer les choses. C'est le propre de tout un chacun, mais pourquoi ? Pourquoi ce besoin vital de donner un nom aux choses, de trouver sa place, son rôle ? Cela a-t-il à voir avec la nature profonde de l'Homme ? Très probablement. C'est dans notre ordre de penser d'utiliser des noms, des structures que ce soient pour notre société, notre famille, nous-même. Comme il est dit dans la définition, nous utilisons un langage articulé, ce qui implique nécessairement l'emploi de noms, comment faire sinon ?

On retrouve dans le langage la constitution psychologique de l'Homme. Les phrases sont structurées, les mots ont un ordre, une fonction précise, si l'ordre n'est pas régulier, la fonction est précisée par l'emploi de déclinaisons... Pour comprendre l'Homme, il suffirait donc de comprendre son mode d'expression ? Je dirais même ses modes d'expression, picturaux, musicaux, écrits. Autant de messages à décrypter, d'idées à comprendre, à assimiler.

Mais la nature humaine est extrêmement plus complexe que les structures qui la composent, pourquoi ? Parce qu'il est régulier de briser les structures, les schémas préconçus. De là vient toute l'ingéniosité, la complexité et la force de l'Homme.

 

Je vous laisse méditer là-dessus, car ce n'est que le haut de l'iceberg de l'un des problèmes philosophiques les plus complexes et sur lequel l'on se casse encore les dents... 

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