28/08/2006

0'00''10'''

0'00'00'

Je suis en place,

Mes jambes profondèment ancrées

Dans le sol.

Même un char de Tien Han Menh

Aurait du mal à me

Déloger.

L'arbitre pointe son arme,

Pourvu qu'aucun oiseau ne passe,

Vers le ciel.

Son doigt approche

De la détente, sur laquelle

Il appuie.

 Le coup est tiré.

 

0'00''01'''

Je m'élance

Sur les chapeaux de roue.

Aucune voiture ne pourrait

Aller aussi

Vite.

 Je suis poursuivi,

Mais la distance augmente,

Pas le temps

De respirer.

 

0'00''02''' 

Je pense à mes jambes,

Elles ont de la puissance

Tout de même.

J'aurais eu du mal

A imaginer

Courir si

Vite.

 

0'00''003'''

Pas si mal

Ces chaussures,

Le vendeur avait raison.

Elle me permette vraiment

De courir

Vite.

 

0'00''004'''

Toujours pas inspirer

Ou expirer un

Souffle d'air.

J'ai une bonne condition

Physique, l'apnée

Ne me fait pas peur.

De toute manière,

Je vais trop

Vite.

 

0'00''05'''

Je pense à

Ma femme, à ma fille.

C'est pour elles que je suis là,

Pour elles, que je fais ça.

Je dois encore aller plus

Vite.

 

0'00''06'''

Mes poursuivants

Regagnent du terrain.

La poisse !

Je dois les distancer.

Toujours plus

Vite.

 

0'00''07'''

Mes jambes

Me brûlent,

J'ai l'impression

Qu'elles vont exploser.

Il ne faut pas y penser,

Je dois juste aller

Vite.

 

0'00''08'''

Je suis presque

Tiré d'affaires.

Ils commencent à fatiguer

Aussi.

Peut-être que

Je peux y arriver.

Aller, plus

Vite.

 

0'00''09'''

 Un sourire se

Forme sur mon visage.

Ils s'arrêtent,

J'y suis enfin !

Plus besoin

D'aller si

Vite.

 

0'00''10'''

J'entends

Deux détonations.

Mes jambes ne me portent plus.

Finalement, j'ai échoué.

Je ne les reverrai pas.

Je ne pensais pas que l'on pensait

A autant de choses,

Pendant dix secondes.

Les dix secondes de

Fuite.

Les dix dernières secondes.

Je n'irai plus jamais si

Vite. 

20:22 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)